Cher député,

A la suite de la décision de l’Assemblée Nationale dans la nuit du 14 au 15 octobre dernier de rejeter l’amendement sur la « taxe Tampon », j’ai choisi de ne plus porter de protections hygiéniques. En effet, celles-­ci n’étant pas considérées comme des produits de première nécessité, je n’en ai donc pas besoin !

J’ai un peu réfléchi aux conséquences de ce nouveau choix, mais il ne me semble pas poser de problème. Je pars du principe que mes adorables colocataires accepteront de pouvoir me suivre à la trace (de sang, donc) dans l’appartement, peut-être même nettoieront-­ils avec le sourire. Je suppose aussi que mes camarades de classe n’auront aucun problème pour s’asseoir sur une chaise où j’étais moi-­même assise quelques heures avant et où se trouvera donc immanquablement une tache de sang. J’espère qu’il en sera de même au self, bien sûr, dans le métro, vous l’aurez compris, dans tous les endroits où je pourrais avoir l’idée de me poser dans une journée.

Quant au sport, maintenant que j’y pense, tout va être plus simple désormais : au lieu d’être gênée par ma protection, je n’aurais plus à y penser, il me suffira d’attendre que quelqu’un passe derrière moi pour nettoyer le parquet de la salle de danse (ça se lave bien, en général), les différents appareils de musculation, etc.

Pour ce qui est de ma vie quotidienne pendant les règles, elle ne devrait pas changer beaucoup : à part un pantalon et une culotte à laver chaque soir, et des draps à renouveler tous les jours, ça ne devrait pas causer de soucis ! Et avoir du sang dégoulinant le long des jambes n’a jamais empêché personne de suivre un cours, d’après moi. Le regard des autres ? Oh, c’est un détail : après tout, dans notre société, parler de règles, ou savoir que quelqu’un a ses règles, c’est désormais très bien accepté et jamais ce ne serait considéré comme sale !

En bonus : avec toutes les économies que je vais faire sur les tampons, protège­-slips, serviettes que j’achetais auparavant, je vais pouvoir m’acheter des produits qui sont réellement de première nécessité, comme du foie gras ou des places pour les matchs de foot ! Merci, cher député, de m’avoir ouvert les yeux sur ce qui est essentiel dans la vie quotidienne…

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